LA CREATION
Le 18 novembre 1907, en Argentine, naît Antonio Nores Martinez (Toño), fils d' Antonio Nores Bas et de Isabel Martinez Berrotoran. Toño est issu d'une famille noble ibéro-américaine et vit donc baigné dans le culte du courage (propre à la culture de cette classe sociale à l'époque).
Enfant, il assiste avec beaucoup d'émotion à de nombreux combats de chiens; il s'agit là d'expériences qui vont marquer sa vie à jamais. Il décide donc de créer une race qui réunirait les meilleures qualités du perro de pelea Cordobes, ou "vieux chien de combat de Cordoba" qu'il affectionnait particulièrement, tout en étant supérieure au point de vue de la taille et de la force physique. Ce chien devra en outre avoir des qualités pour la chasse, seul ou en meute, de la faune qui peuple la sierra de cordoba, c'est-à-dire essentiellement des pécaris, des pumas et des renards.Toño commence jeune la sélection, certainement aidé par son père, expert en génétique, et ses oncles.C'est ainsi qu'il crée "la famille Araucana".A la treizième génération, Il atteint son objectif, et s'aperçoit qu'il a créé un chien quasi-parfait, à la force incomparable. Les chiens blancs de Toño deviennent célèbres par leurs victoires aux combats. Ces derniers étant interdits dans le reste du monde, il veut donner un caractère légal au chien qu'il a créé.Il est en outre fasciné à l'idée de pouvoir chasser avec un chien qui débusque, poursuit et capture sa proie. Les dogues de la "famille Araucana" se révèlent trop agressifs entre eux pour chasser en meute, trop lourds pour leur taille, et d'un odorat assez médiocre. Il crée donc la "famille Guarani" qui ne présente plus ces défauts. Les chiens de Toño sont donc agiles, rapides, courageux, blancs pour ne pas être confondus avec les proies, bon pisteurs, et ont une peau épaisse et dure, résistant aux buissons épineux et à la chaleur de Cordoba.
En 1928, Toño rédige le standard, il n'a alors que 21 ans. A la suite d'une otite mal soignée il devient sourd et s'enferme donc dans son monde avec ses chiens. En 1915, le perro de cordoba ressemble au pit bull actuel. Toño va continuer la sélection, afin de fixer la robe blanche, agrandir la taille et améliorer l'équilibre psychique.
LA DIFFUSION
En 1946, Toño présente officiellement sa race à Buenos Aires, au club de Cazadores. Le discours, également publié dans la revue Diana, est le manifeste de l'espèce du Dogue argentin.
L'intérêt du public devient remarquable. A l'époque, les amateurs de combats de chiens pensent que ces derniers ne peuvent vaincrent un taureau de combat. Toño confie à son frère Francisco la tâche de prouver le contraire. Pour cela, il trouve un dogue, Chino, qui n'est pas habitué aux animaux domestiques. Ils partent donc à Buenos Aires, où de nombreux spectateurs se pressent autour de l'arène prévue pour le combat. Au début, le chien est trop impressionné par la foule; Francisco entre donc dans l'arène pour le stimuler, mais le taureau le prend alors comme cible. Chino voulant protéger son maître, s'attaque à la bête. Après un combat acharné, le dogue est projeté au sol et ne se relève plus. Le public pense qu'il est mort et sera agréablement surpris de voir Chino se relever et reprendre le combat. Après quelques minutes, le taureau plie enfin les genoux, se soumettant aux assauts de Chino qui lui mord le museau. Le public est enthousiaste et la nouvelle se repand très vite dans toute l'Argentine.
LA NAISSANCE DES CLUBS
En 1969, est officiellement constitué le Club du Dogue de Cordoba.Ce Club hisse au sommet la renommée de la race. A Cordoba, en 1975, on décide pour la première fois de faire un championnat jugeant la beauté et l'efficacité au combat des Dogues. Mais ce concours est la source de divergences entre les éleveurs de Buenos Aires qui privilégient l'esthétique, et ceux de Cordoba favorisant le courage. La conséquence de ce litige est que les éleveurs de Cordoba n'inscrivent plus leurs chiens au Livre des origines.
LA SITUATION ACTUELLE
Aujourd'hui, l'harmonie est revenue chez ceux qui aiment la race. Les habitants de Buenos Aires ont compris que les chiens de Cordoba sont plus proches du schéma génétique de Toño.